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"Une histoire abîmée..."

 

Article publié sur le blog littéraire de Denys-Louis Colaux (Belgique) / Mars 2015

 

 

 

EXPOSITIONS :

 

05 Octobre 2013 diptyque sélectionné pour expo collective "SKIN SPIRIT" au Parlement Européen / Bruxelles (B)

Octobre 2013 diptyque sélectionné pour expo collective "SKIN SPIRIT" à L'Institut Curie / Paris

Du 02 au 12 Octobre 2013 diptyque sélectionné pour expo collective à la Mairie du 8ème / Paris

Du 18 avril au 1 juin 2013 à L'Arrivage  6, rue Larivey - 10000 TROYES.

Avril 2013 diptyque sélectionné pour expo collective "Skin Project " à la JP KNOTT Gallery / 1000 Bruxelles (B)

Novembre 2012 à La Galerie Premières Toiles / 105 Grand Rue - Boulogne sur mer

Du 01 au 31 Août 2012 à la Espace Museum de la Gare d'Austerlitz - 7, Bd de l'Hôpital 75013 Paris

Du 20 au 30 Juillet 2012 au centre culturel  La Casa Poblano - 15, rue Lavoisier / 93100 Montreuil

Les 28 et 29 Avril 2012 à L'Usine des Chaudronneries - 124, Rue de Rosny / Montreuil sous bois (expo collective)

Du 09 septembre au 10 octobre 2011 à la Galerie de L'Office Culturel de la ville d'Arras (62000)

Les 08-09 et 10 Juillet 2011 à la Fête de l'art  de "La Poeterie" à Auxerre.

Les 02 et 03 Juillet 2011sélectionné pour le Art Festival du Touquet "Trophée Alain Godon"

Les 25 et 26 juin 2011 à L'Espace 111 (exposition collective).

Du 26 avril au 21 mai 2011 sélectionné pour une exposition d'un mois à la Bibliothèque Robert Desnos  de Montreuil

Du 17 au 21 Novembre 2010 chez PICTOGRAM à Montreuil

Octobre 2010 pendant les ateliers d’artistes à Montreuil

 

 

 

TARIFS :

 

Si vous désirez acquérir un des diptyques de cette série, vous pouvez me joindre par mail.

Un livre regroupant l'ensemble des photographies est également disponible.

 

 

"Une histoire abîmée..."

 

Dans une société d’individus, chacun est condamné à être séparé des autres, chaque portrait de cette série est l’histoire de cette séparation.

Dans « Une histoire abîmée… », Pierre Leblanc photographie frontalement la réalité telle qu’il la voit et dénonce les travers de nos modes de vie. 

Par-delà toute censure, en projetant sur chaque modèle une image mentale très dessinée, à la lisière de l’illustration, il cartographie une société où des hommes et des femmes immobiles apparaissent prisonniers de leur propre représentation.

Ceux-ci semblent nous dire : « regarde comme je suis, regarde comme je suis différent ».  

C’est alors l’histoire de cet individu séparé en quête de reconnaissance que l’on voit se dérouler devant nos yeux. Nous ne connaîtrons ni le but ni l’origine de cette séparation.

L’individu est divisé. La séparation entre l’intérieur (le véritable moi) et l’extérieur (les autres) est une illusion fondée sur la croyance en l’idée même d’individu.

Nous sommes en fait traversés par les interdépendances et les réseaux. 

Nous sommes encodés par les langages, pensés par les objets, canalisés par les tâches routinières de l’activité sociale et économique, initiés depuis le plus jeune âge aux formes administratives et scolaires, en bref socialisés.

Nous découvrons alors derrière ces portraits la force du lieu commun.

L’imaginaire est colonisé, il est habité par les réseaux, les codes  qui nous empêchent d’accéder à l’ultime intériorité. Nous sommes pris au piège. « Je » est un autre.

Notre pensée policée par les médias est soumise par les catégories dominantes. Il faut alors faire des efforts surhumains pour différer, rester singulier, exister…Certains réussiront à  faire reconnaître leur valeur sociale voire leur humanité.

Certains passeront l’épreuve de la construction de soi avec brio et montreront leur puissance et leur capacité à tirer les ficelles de leur propre histoire. D’autres individus résidant dans les marges, plus négatifs, plus fragiles, transpercées par des histoires abîmées seront menés tels des nomades dans une recherche hasardeuse d’un minimum de confiance en soi et de respect.

Certains bénéficieront des réseaux et des chaînes d’interdépendance existantes qu’ils renforceront par leurs actions, tandis que les autres resteront à l’écart ou seront écartés d’un grand nombre de ressources car leur présence n’est pas profitable.

Le diptyque rassemble deux individus, les fait dialoguer. Ils vont pouvoir se construire dans l’échange. 

Un sens émerge, une histoire peut se raconter. Qui dit histoire dit aussi conflit. Le diptyque n’est pas seulement un dialogue, c’est  aussi un combat entre deux êtres.

Pour certains c’est perdu d’avance, d’autres résistent et finalement l’emportent. Quelquefois les deux se déchirent. Trop peu souvent, il y a entente évidente, construction immédiate, chacun peut   alors chercher à exprimer son intériorité.

Le photographe est celui qui résume à lui seul ce tiraillement  entre la séparation et le dialogue.  Et Pierre Leblanc peut-être plus qu’un autre encore. Le photographe est l’individu à la recherche de lui-même, insatisfait d’un monde dont il veut témoigner. 

Mais c’est aussi celui qui réussit  grâce à son objectif à mettre en relation les êtres séparés.  Ici, Pierre Leblanc nous invite à prendre la mesure de son déboussolement. Tous les sujets sont bons, toutes les mises en scènes sont possibles, avec pour seule limite l’imaginaire...

 

 

Ces photographies sont soumises à la législation française sur le droit d'auteur selon l'article L.111-1 du code de la propriété intellectuelle. Toute reproduction même partielle sans consentement écrit de l'auteur est considéré comme contrefaçon.